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Boom bancaire en 2025 : les profits marocains atteignent 17 milliards DH


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Jeudi 5 Mars 2026

En 2025, la sphère bancaire marocaine trouve une dynamique nouvelle : une croissance robuste du produit net bancaire, un profit net consolidé significatif et un rôle central dans le financement de l’investissement. Dans un contexte économique marqué par un rebond de la croissance et une politique d’investissement public ambitieuse, les banques cotées à la Bourse de Casablanca confirment leur résilience et leur contribution stratégique à l’économie du Royaume.



Boom bancaire en 2025 : les profits marocains atteignent 17 milliards DH

L’année 2025 restera dans les annales du secteur bancaire marocain. Selon un rapport d’Attijari Global Research publié en février 2026, les banques cotées ont enregistré un produit net bancaire (PNB) de 72 milliards de dirhams (MMDH) et un résultat net part du groupe de 17 MMDH, soit une progression notable dans un environnement toujours marqué par l’incertitude mondiale et régionale.
 

Cette amélioration des performances intervient dans un contexte macroéconomique plus favorable que les années précédentes. L’économie marocaine a connu une croissance de 5 % en 2025, contre environ 3,8 % en 2024, représentant l’un des rythmes les plus soutenus des dernières années. Les projections économiques incluent également des éléments de stabilité monétaire et de croissance solide des secteurs non agricoles.
 

Un élément déterminant de cette dynamique est la politique d’investissement public menée par le gouvernement. En 2025, les dépenses en capital ont atteint un record de 340 milliards de dirhams, soit près de 21 % du produit intérieur brut (PIB), bien au‑dessus de la moyenne habituelle observée lors des périodes antérieures. Cette enveloppe conséquente a été dirigée vers les infrastructures, les projets productifs et les secteurs structurants de l’économie, créant un fort effet de levier sur la demande de financement bancaire.
 

Dans ce climat, le système bancaire marocain s’est progressivement repositionné vers le financement de l’investissement productif, plutôt que vers des segments plus traditionnels comme la consommation ou l’immobilier pur. Les crédits à l’économie ont enregistré une progression annuelle significative, portée par la demande en crédits à l’équipement. Cette montée en puissance traduit l’engagement des établissements financiers dans l’accompagnement des entreprises, notamment dans des projets d’infrastructures, d’industries et de développement régional.
 

Un autre facteur structurel qui a soutenu les performances est l’assouplissement des conditions monétaires. En mars 2025, Bank Al‑Maghrib a réduit son taux directeur, ce qui a contribué à un environnement de crédit plus accomodant, favorisant une relance des prêts et un renforcement de l’activité économique.
 

Sur le plan opérationnel, la digitalisation des services bancaires commence à produire des effets tangibles. Les banques marocaines intensifient leur transformation numérique, ce qui leur permet non seulement de rationaliser leurs réseaux physiques, mais aussi d’optimiser les coûts d’exploitation et d’améliorer l’expérience client. Cette transition joue un rôle non négligeable dans la montée de l’efficacité, avec une amélioration des indicateurs d’exploitation.
 

Parallèlement, le coût du risque de crédit a diminué, reflétant une meilleure qualité des portefeuilles de crédit et un contexte économique plus stable. Cette baisse du risque se traduit directement par de meilleures marges et une rentabilité accrue pour les banques, qui peuvent ainsi dégager davantage de ressources pour soutenir l’investissement et l’innovation.
 

Sur le plan boursier, malgré ces performances solides, les valorisations restent relativement mesurées. Le ratio cours‑bénéfices se situe à des niveaux qui suggèrent encore une marge de progression du secteur sur le marché financier, ce qui pourrait attirer davantage d’investisseurs cherchant à participer à la dynamique de croissance.


Pour les observateurs économiques et les citoyens engagés dans le développement du Maroc, les résultats de 2025 dessinent une image claire : un secteur bancaire robuste, acteur central de la transformation économique, capable de soutenir la croissance, d’accompagner les grands projets nationaux et d’innover pour répondre aux défis futurs.





Jeudi 5 Mars 2026